Tu montes dans un petit bateau de location, moteur de 5 CV, et personne ne te demande de permis. La semaine suivante, même configuration mais moteur de 7 CV : le loueur exige ton permis. Ce n’est pas la taille du bateau qui change tout, c’est uniquement la puissance moteur.
Le seuil semble simple. Mais derrière, les pièges s’accumulent : un « 6 CV » qui reste sous la barre, des moteurs électriques mal étiquetés, un voilier qui change de statut sur un canal, un jet-ski piloté en randonnée encadrée… Voici où commence vraiment l’obligation, et ce que tu risques depuis juin 2026.
🧭 Ce qu’il faut retenir
Le permis bateau devient obligatoire dès que la puissance de ton moteur dépasse 4,5 kW, soit environ 6 CV. Ensuite, aucune limite : le même permis couvre un 10 CV comme un 300 CV.
- Le seuil se situe strictement au-delà de 4,5 kW, quelle que soit la taille du bateau.
- Les moteurs électriques suivent la même règle, puissance en kW à l’appui.
- Un voilier ne demande aucun permis en mer, mais il en faut un sur les canaux si son moteur dépasse 4,5 kW.
- Le jet-ski impose le permis côtier, sauf en initiation ou randonnée encadrée par un moniteur diplômé.
- Piloter sans permis au-delà du seuil coûte jusqu’à 1 500 €, et l’ivresse ou le défaut de maîtrise sont sanctionnés depuis juin 2026.
4,5 kW
au-delà de cette puissance moteur, le permis plaisance est obligatoire.
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permis plaisance délivrés en France en 2025.
Sources : décret n° 2007-1167 du 2 août 2007 ; Le Figaro Nautisme, 29 septembre 2026
À partir de quelle puissance faut-il un permis bateau ?

Le seuil légal, c’est 4,5 kW. Dès que la puissance de ton moteur dépasse ce chiffre, tu dois avoir le permis. La règle vient du décret n° 2007-1167 et elle est rappelée sur la page du ministère de la Mer consacrée au permis plaisance.
Concrètement : un bateau de 3 mètres équipé d’un moteur de 5 CV ne nécessite aucun permis. Un voilier de 20 mètres avec un moteur auxiliaire de 5 CV non plus. C’est uniquement la puissance du moteur qui déclenche l’obligation, pas la taille de la coque.
Attention à la conversion. 1 CV vaut environ 0,736 kW. Un moteur de 6 CV pile développe donc environ 4,4 kW : il reste sous le seuil, puisque le texte vise une puissance « supérieure à 4,5 kW ». C’est pour ça que les petits hors-bords sans permis plafonnent à 6 CV. Pour bien choisir le tien, jette un œil à notre guide du bateau à moteur 6 CV.
| Puissance et situation | En mer | En eaux intérieures |
|---|---|---|
| 4,5 kW ou moins (6 CV environ) | Aucun permis | Aucun permis |
| Plus de 4,5 kW | Permis option côtière (jusqu’à 6 milles d’un abri) | Permis option eaux intérieures (bateau de moins de 20 m) |
| Plus de 4,5 kW, au-delà de 6 milles d’un abri | Extension hauturière | Non concerné |
| Plus de 4,5 kW, bateau de 20 m ou plus | Option côtière ou extension hauturière selon la zone | Extension grande plaisance eaux intérieures |
Aucune puissance maximale une fois le permis en poche
Bonne nouvelle : le permis plaisance ne fixe aucun plafond de puissance. Avec le permis côtier, tu peux piloter un 10 CV comme un 300 CV, du moment que tu restes dans ta zone de navigation. Ce qui limite ton permis, c’est la distance d’un abri, pas les chevaux.
La puissance compte en revanche pour la taxe annuelle. À partir du 1er janvier 2027, la TAEMUP, héritière de l’ancien droit de francisation, se calcule sur la puissance réelle en kW et non plus sur les chevaux fiscaux. Sous 120 kW, soit environ 163 CV, aucun droit moteur n’est dû. Les propulsions électriques et à hydrogène bénéficient en plus d’un abattement de 50 % sur ce droit.
Moteur électrique, voilier, jet-ski : les cas particuliers
Moteur électrique : même règle, même seuil
Les moteurs électriques suivent exactement la même règle. Le texte ne fait aucune différence entre thermique et électrique : c’est la puissance en kW qui déclenche l’obligation. Méfie-toi des « équivalents CV » des fabricants : vérifie la puissance en kW sur la fiche technique. On détaille le sujet dans notre article sur le moteur électrique équivalent 6 CV.
Moteur de 9,9 CV : permis obligatoire
Le 9,9 CV est un grand classique des annexes et des barques de pêche. Il développe environ 7,3 kW, bien au-delà du seuil : sans permis, tu n’as pas le droit de le piloter. Si tu veux naviguer sans permis, il te faut un moteur dont la puissance ne dépasse pas 4,5 kW.
Voilier avec moteur auxiliaire : tout dépend de l’eau
En mer, un voilier se conduit sans permis, même équipé d’un moteur auxiliaire, quelle que soit sa puissance. Sur les fleuves, rivières et canaux, c’est différent : dès que le moteur auxiliaire dépasse 4,5 kW, le permis eaux intérieures devient obligatoire. Tout est détaillé dans notre article sur le permis voilier.
Encore faut-il que ton bateau soit un voilier au sens réglementaire. Le décret de 2007 le définit par un rapport entre surface de voilure et masse du bateau, fixé par arrêté. Sous ce rapport, un bateau à voile est traité comme un bateau à moteur, avec les mêmes obligations de permis. Pour vérifier où se situe ton bateau, reprends notre point sur le seuil moteur d’un voilier.
⚠️ Piège classique
Un voilier traditionnel de 12 m avec un moteur auxiliaire de 8 CV ? En mer, aucun permis exigé. Sur le canal du Midi, le même bateau impose le permis eaux intérieures, car son moteur dépasse 4,5 kW. Et un catamaran avec une voile minuscule et un moteur puissant est classé bateau à moteur : permis obligatoire partout.
Jet-ski : permis côtier, sauf randonnée encadrée
Les jet-skis dépassent largement les 4,5 kW. Pour en piloter un seul en mer, le permis côtier est obligatoire. Seule exception : l’initiation ou la randonnée encadrée par un moniteur diplômé, au sein d’une structure autorisée. Louer un jet-ski puis suivre un ami ne rentre pas dans ce cadre. On fait le tour de la question dans notre article sur le permis pour jet-ski.
Conduite accompagnée dès 16 ans
Pas encore de permis ? Dès 16 ans, tu peux piloter un bateau à moteur de plus de 4,5 kW sans permis, à trois conditions : être accompagné d’une personne titulaire du permis depuis plus de trois ans, rester dans les limites de son permis et faire une déclaration préalable auprès de l’administration. L’autorisation vaut un an et n’est pas renouvelable. Plus de détails dans notre article sur l’âge du permis bateau.
Quel permis passer selon ta zone de navigation ?
Le permis côtier est le point d’entrée pour naviguer en mer. Il autorise les sorties jusqu’à 6 milles d’un abri, ce qui couvre la très grande majorité des balades côtières. Les frais fixes se limitent à 78 € de timbre fiscal et 30 € d’inscription à l’examen, auxquels s’ajoute la formation, dont le prix varie selon l’école.
Attention, c’est 6 milles d’un abri, pas de la côte : un endroit où tu peux mouiller, atterrir ou accoster en sécurité, et en repartir seul. Détails dans notre article sur la distance du permis côtier.
⚠️ Piège classique
Une plage tranquille le matin peut devenir houleuse l’après-midi, changeant son statut d’abri. La notion d’abri dépend aussi du type d’embarcation et des conditions météo du moment.
Le permis hauturier n’est pas un nouveau permis : c’est une extension du côtier, qu’il faut avoir en poche avant de la préparer. Il lève la limite des 6 milles et te permet de naviguer sans contrainte de distance. Il coûte 38 € de timbre fiscal. Pour comparer les deux, lis notre article sur le permis bateau en mer. 🗺️
Le permis eaux intérieures, souvent appelé permis fluvial, concerne les fleuves, rivières, canaux et lacs, pour les bateaux de moins de 20 mètres. Au-delà de 20 mètres, il faut l’extension grande plaisance eaux intérieures, uniquement via une école agréée. Notre comparatif permis côtier ou fluvial t’aide à trancher.
Bateau sans permis : ce que tu peux piloter sous 4,5 kW
En dessous du seuil, tu navigues librement, en mer comme en eaux intérieures : petits semi-rigides, barques ou petits open équipés d’un moteur de 6 CV au plus. Pour faire ton choix, consulte notre sélection de bateaux sans permis. Mais naviguer sans permis ne veut pas dire naviguer sans règles. 🚤 La météo stable est une condition non négociable, le gilet de sauvetage reste obligatoire à bord pour chaque passager, et la capacité maximale dépend de la plaque du constructeur.
Sanctions : ce que tu risques en 2026
Piloter un bateau dont le moteur dépasse 4,5 kW sans permis est une contravention de 5e classe : l’amende peut atteindre 1 500 €. Si tu as ton permis mais pas sur toi lors d’un contrôle, compte une amende forfaitaire de 38 €. Vérifie la puissance du moteur avant chaque sortie, surtout si tu empruntes ou loues un bateau. 🔍
Depuis le 5 juin 2026, le décret n° 2026-434 du 2 juin 2026 ajoute deux infractions pour les bateaux de plaisance à moteur : l’ivresse manifeste, constatée sans alcootest à partir de signes visibles, et le défaut de maîtrise du navire. Ce sont des contraventions de 4e classe, avec une amende forfaitaire de 135 € pouvant aller jusqu’à 750 €. Le juge peut aussi suspendre ton permis jusqu’à un an et confisquer le bateau.
FAQ
Quel permis bateau faut-il pour naviguer avec un moteur de 6 CV ?
Aucun, dans la grande majorité des cas. Le permis est obligatoire au-delà de 4,5 kW, et un moteur de 6 CV développe environ 4,4 kW. Vérifie quand même la puissance en kW sur la fiche technique : c’est elle qui fait foi.
Peut-on naviguer sans permis bateau avec un moteur électrique ?
Oui, à condition de rester à 4,5 kW ou moins. La loi ne fait aucune distinction entre thermique et électrique : c’est la puissance en kilowatts qui déclenche l’obligation de permis, pas le type de motorisation. Un moteur électrique de 5 kW t’impose donc le permis.
Faut-il un permis pour un moteur de 9,9 CV ?
Oui. Un 9,9 CV développe environ 7,3 kW, bien au-delà du seuil de 4,5 kW. Il te faut le permis côtier en mer, ou le permis eaux intérieures sur les fleuves, rivières et canaux.
Quels sont les 3 permis bateau ?
On parle souvent du côtier, du hauturier et du fluvial. Officiellement, le permis plaisance compte deux options de base, côtière et eaux intérieures, et deux extensions, hauturière et grande plaisance eaux intérieures.
À quel âge peut-on passer le permis côtier ?
Tu peux le passer dès 16 ans. La formation comprend une partie théorique et une partie pratique sur l’eau, et un certificat médical est demandé à l’inscription. Une fois obtenu, le permis est valable à vie, sans renouvellement.


